Meillerie, du Prieuré de Saint-Bernard et autres lieux

Origine du nom MEILLERIE

 

D'après l'Abbé Gonthier (historien local début XX ème siècle), le nom de Meillerie viendrait d'un mot celte signifiant "rochers", pour d'autres,

Henri Jaccard 1906, (professeur à Aigle), du bas latin malgeria pâturage à moutons ou de pommiers melarius

MEILLERIE a souvent changé de nom ou d'orthographe au cours des siècles, au gré des notaires, curés ou responsable du cadastre.

Melereie 1154, Melereia en 1166, Mellerea en 1286, Meillera, Meillerée, Meilleraie, Meillière en 1730 (mappe sarde), Mellerey, Mellierée etc...

 

 Prieuré du XIII ème et Église

 

                                      Prieuré d  Meillerie              

                                                                                               monument historique

Ruine du Prieuré

Catégorie : Prieuré
éléments protégés Monument Historique : église ; tour ; clocher ; chœur
époque de construction : 13e siècle
historique : A l’emplacement de l’église paroissiale de Meillerie fut fondé au Moyen-âge un prieuré de chanoines réguliers de Saint-Augustin, dépendant de l’hospice du Grand Saint-bernard. Le prieuré conserva son contrôle spirituel et temporel jusqu’à sa suppression en 1752. Les bâtiments consistaient alors en un château et une tour de défense isolée servant de prison. En 1803, l’ancien prieuré est récupéré comme église et presbytère. Une nef est édifiée, reliant l’ancienne chapelle et le beffroi primitif. Les vitraux ayant été brisés en 1822 par un orage, l’oculus et les deux baies géminées du chevet sont murés. De nouveaux vitraux, dus à Jean-Augustin Bessac, sont posés en 1877. La toiture est refaite en 1895, celle du clocher en 2008. Du 13e siècle subsistent le chœur de l’ancienne chapelle et le clocher.
décor : Vitrail
Propriété de la commune
date protection MH : 1990/07/17 : inscrit MH partiellement
Tour-clocher et chœur de l’église (cad. A 1836) : inscription par arrêté du 17 juillet 1990
type d’étude : Recensement immeubles MH
N° notice : PA00118468
© Monuments historiques, 1992

édifice protégé au titre des monuments historiques

Ancien prieuré, soit la tour-clocher, l'église, l'ancienne cuisine et l'ancien poêle en totalité, les façades et toitures du logis et de la tour d'habitation,

les caves de l'aile est et de l'ancienne aile nord, les parcelles OA n°1836 et 1856 à 1859 : inscription par arrêté du 22 juin 2015

 

Simulation de l'évolution des bâtiments (vidéo)

 

Quelques extraits de parchemins concernant Meillerie ou Melereia depuis  l’année 1166

 

Meleria 1166

Melereia en Savoye [Savoie]
Original
1166

MELEREIA. Landri, évêque de Lausanne, donne à perpétuité à Rodulph, abbé, et à l'église de Saint-Maurice la terre de Melereia appartenante à l'église de Lausanne, sous la cense annuelle d'une livre de poivre.

                              melereia                                         melereia-savoye-1166

 

Extraits de la Fondation des Archives historiques de l’Abbaye de Saint-Maurice (Suisse)

Date début 05.04.1166
Date de fin 05.04.1166
Cote Charles 55/3/5
Rédacteur du document Petrus, prieur de Saint-Maire
Description matérielle Original sur parchemin (165 x 100/115 mm, 12 lignes), scellé sur double queue de parchemin avec repli de 15 mm du sceau de Landry de Durnes, de cire brune, en mandorle (50 x 70 mm), en assez bon état.
Lieu d’élaboration (forme moderne) Lausanne
Lieu d’élaboration (forme du texte) Lausanne
Contenu Landry de Durnes, évêque de Lausanne, donne à perpétuité à l’abbé de Saint-Maurice, Rodolphe, une partie de la terre de Melereia appartenant à l’église de Lausanne, sous le cens annuel d’une livre de poivre
Index matières Sceau ; Donation
Index des lieux Meillerie (Haute-Savoie, F)
Index des personnes Petrus, prieur de Saint-Maire ; Durnes, Landry de, évêque de Lausanne ; Rodolphe, abbé de Saint-Maurice ; Giroldus Carbone, chancelier ; Otto, doyen et chanoine de Notre-Dame de Lausanne ; Porcellus, maître ; Rodulfus, moine et cellerier de Montheron ; Dudinus, chanoine de Saint-Maurice ; Petrus, chanoine de Saint-Maire ; Lodoicus, sénéchal ; Dalmacius, chevalier ; Turumbertus, chevalier ; Lodoicus, puer, fils du chevalier Dalmacius ; Cono, bourgeois
Langue Latin
Tradition manuscrite Copies aux ACValais, Rivaz 10, p. 377; aux AASM, Charléty I, p. 115
Bibliographie Éd. dans Monumenta Historiae patriae : chartae, t. 2, col. 629-630, n° 843; dans Hidber, Diplomata Helvetica varia, p. 54-55, n° 44 et dans Remo Becci, Le chartrier..., p. 58-59 n° 23.
Notes Le nom de Melereia peut correspondre à plusieurs toponymes ou micro-toponymes de la région. Comme cette terre ne réapparaît pas dans notre documentation, elle ne peut être identifiée de façon certaine. Traditionnellement, on y voit Meillerie en Haute-Savoie, village qui ne fait pas partie du diocèse de Lausanne.

 

 

Lieu d’élaboration (forme du texte)

Chambéry

Contenu Amédée, comte de Savoie, vend au prévôt Hugues d’Arces et à ses successeurs toute la juridiction seigneuriale de Meillerie, du nant de Torrent, du côté d’Evian, jusqu’au nant de Louçons, du côté de Saint-Gingolph, au prix de 700 écus d’or. Il s’engage à faire ratifier par Bonne de Bourbon, comtesse de Savoie, cet acte de vente et à livrer au nouveau seigneur les titres relatifs à cette seigneurie. Acte de vente, acte de confirmation, mandat de mise en possession et acte de mise en possession. Copie informe.
Notes Cousus à une couverture de papier portant un regeste en tête, latin (les limites sont parfois données en français).

   

Bibliothèque de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard

Historique du fonds

Au Moyen-Âge

Extraits

« 1.4 Remarquons que seuls les chanoines les plus jeunes et les plus robustes vivaient à l’hospice en raison des conditions de vie très rudes en hiver; les autres assumaient la desservance de paroisses. Le prévôt, quant à lui, s’était installé en plaine dès le 13e s. Aussi les différents lieux de vie des chanoines abriteront-t-ils des collections d’ouvrages, qui, ensemble, forment la bibliothèque de la Congrégation. L’inventaire de l’hospice de 1446 mentionne des livres conservés sur les rives du lac Léman à Pisy (rive nord, près d’Etoy) et à Meillerie (rive sud, près d’Evian), toutes deux résidences du prévôt, précisant chaque fois leur lieu de dépôt, soit l’église (AGSB 1160, fol. 1r et AGSB 1160, fol. 20r). Comme ils sont tous à usage liturgique, nous pouvons penser que les autres ouvrages étaient conservés par le prévôt, qui les considérait comme sa propriété et non comme celle de l’hospice.

1.5 Cette opinion se confirme en lisant en parallèle les constitutions élaborées à Etoy en 1437, qui visaient à entériner les us et coutumes, et celles de 1438, qui visaient à une vie religieuse plus stricte, particulièrement dans le domaine de la pauvreté. Celles de 1437 («De libraria», titre 38) exigent qu’une bibliothèque soit aménagée dans les maisons situées à Etoy et à Meillerie, pour y déposer les ouvrages de théologie, de droit canon et de droit civil, de médecine et tous les livres qui se trouvent dans la Congrégation, sauf ceux qui sont utilisés pour la liturgie. Celles de 1438, au contraire, («De Libraria et exercicio studii», titre 23), demandent qu’une bibliothèque soit tenue à l’hospice du Mont-Joux et qu’elle soit pourvue de livres nécessaires à l’édification, pour l’honnête et utile emploi du temps des religieux, des serviteurs et aussi pour la consolation des personnes retenues par le mauvais temps. Le prévôt ne peut disposer ou transférer à Etoy ou à Meillerie que les doubles et seulement avec l’accord du Chapitre conventuel. Pour s’assurer de l’accroissement progressif de la bibliothèque, les constitutions prévoient que lors des décès de chanoines, leurs effets personnels doivent rejoindre l’hospice («De spoliis», titre 46).

1.6 Dès 1438, les structures préparant la formation d’une bibliothèque digne de ce nom sont en place. Mais cela ne se réalisera que bien plus tard en raison de la commende qui s’installe de 1438 à 1586, période durant laquelle les prévôts pensaient davantage à leur enrichissement personnel qu’à celui de la bibliothèque communautaire. A la fin de cette période, le prévôt André de Tillier (1587-1611), originaire de la Vallée d’Aoste, déplace la résidence prévôtale de Meillerie à Aoste, emportant avec lui sa bibliothèque. Notons que la maison d’Etoy a été sécularisée par la Réforme en 1536, avec ce qu’elle contenait. A partir de 1596, le prévôt se fixe à Saint-Jacquême d’Aoste, l’ancien séminaire du diocèse, qui restera la demeure des prévôts du Grand-Saint-Bernard jusqu’en 1752. La force de la coutume va perdurer: les livres continueront d’augmenter le volume de la bibliothèque de la maison prévôtale et non pas celle de l’hospice. »

réf : www.gsbernard.ch et Zentralbibliothek Zürich

 

 

 

PRIEURE SAINTE-MARIE - EGLISE de MEILLERIE

 

ORIGINE

II semble qu’au VlIIème siècle, MEILLERIE ait dû faire partie d’une dotation primitive du monastère de BOURG St PIERRE, ancêtre de la Prévôté du Saint Bernard qui possédait dans la région du Haut Lac : La Roche, Noville, Tanay, Novel, Meillerie, Thollon et Marin.

Avant l’an 1000, sur l’emplacement actuel du prieuré-église, il dut y avoir un château fort qui fermait le passage. L’accès à MEILLERIE était difficile du côté St Gingolph par le Maupas (Mauvais pas), du côté Evian le ravin de la Gottale vers le lac.

Ce château deviendra prieuré et sa tour (peut-être phare?) en sera le clocher.Il sera desservi par une communauté de A à 5 chanoines réguliers suivant la règle de St Augustin et était placé sous le patronage de Sainte Marie - ce n’est que plus tard que l’église sera dédiée à Saint Bernard de Montjoux (Grand Saint Bernard).

Une date : 1133. Gérold, chanoine de MEILLERIE et Aimard, chanoine d’Abondance séjournent à Aoste où ils initient les Chanoines de St Ours à la vie canoniale.

A cette date, les relations entre Meillerie et le Grand St Bernard (Montjoux) existaient déjà, mais une querelle avait surgi entre les frères de Montjoux et les frères de MEILLERIE. Le pape Eugène III, en séjour en-deçà des Alpes charge St Amédée, évêque de Lausanne de régler le conflit. Il créa alors une confédération entre les deux maisons : Montjoux et Meillerie.

Une convention spirituelle est passée: mutualité de la prière et des aumônes pour les défunts et une entente fraternelle, réglant les biens immobiliers des deux maisons. Le prévôt de Montjoux sera supérieur et quand il résidera à MEILLERIE, il occupera la stalle de prieur. MEILLERIE garde la liberté de choisir son prieur.

EPANOUISSEMENT

Dans la 2ème moitié du Xllème siècle, les liens entre MEILLERIE et le Montjoux sont bien établis et ce dernier reconnaît que le prieuré Sainte Marie de MEILLERIE, sous l’autorité des évêques de Lausanne et Genève assurait une présence religieuse sur tous les pays du Haut-Lac, sauf l’enclave de Saint Gingolph, dépendant de l’Abbaye d’Aboi.uuiice. Au début du XVème siècle, le prieuré de MEILLERIE va concurrencer la maison-mère de Montjoux : le nombre des religieux s’accroît, les archives et la bibliothèque du Montjoux sont rassemblées à MEILLERIE qui devient centre d’étude : livres de théologie, de droit et de médecine y sont groupés.

Il est même prévu que le prévôt pourra faire sa résidence au St Bernard, à Etoi ou à Meillerie.

DÉCLIN

Comme toutes les abbayes et prieurés du Chablais, le prieuré de Meillerie tombera en commende avec la nomination du premier prévôt commendataire, Jean de Grolée en 1438.( Un commendataire était un laïc qui percevait les revenus d’un prieuré sans exercer la charge spirituelle). En 1440, les chanoines redoutant la rapacité du prévôt commendataire cachèrent leur trésor à MEILLERIE et à LAUSANNE (on en retrouvera , en 1864, une partie à LAUSANNE - 4 à 5000 pièces de l’époque-)

Avec le régime commendataire se clôt la période glorieuse du prieuré de MEILLERIE. Le prévôt,Aimon Sachel, partage son résidence entre Meillerie et Etoi. En 1438, le prévôt,Hugues d’Arcis, attiré à Ripaille par la cour d’Amédée VIII, achète un château à Rives sous Thonon ou il installe la Prévôté du Montjoux. Il ne reste que deux chanoines au Prieuré de Meillerie.
L’occupation valaisanne de 1536 provoque une premier pillage du Prieuré. En 1589, Bernois et Genevois, de connivence avec les Français, finissent
de dépouiller église et prieuré.
De 1690 à 1706, le château-prieuré sera occupé par les troupes de Louis XIV.
Dans la première partie du XVIIIème siècle un semblant de vie reprend à Meillerie. Il semble que le prieur Joseph Annibal Mouvilliat fit construire la nef de l’église entre le choeur du XVème et la tour. Il dressera aussi un autel à St Bernard du Montjoux. Le tableau, actuellement dans l’église, représente saint Bernard tenant le démon en laisse avec une étole; il est revêtu du surplis et de son aumusse de chanoine.

 

Fin des relations avec St Bernard du Montjoux.

Un long procès engagé entre la prévôté et la cour de Turin aboutit en 1752 au démembrement de MEILLERIE qui est érigé, avec la maison de Montjoux de Rives en commanderie de l’ordre militaire des SS Maurice et Lazare.
Le dernier prieur régulier, Jean Léonard Vesendaz, quitte le prieuré en 1754 dans le plus grand dénuement.
En 1803, MEILLERIE est érigé en paroisse sous le titre de St Bernard du Montjoux. Le premier curé est Guérin Peillex de Bernex.

 

Aujourd’hui. Prieuré Ste Marie - Eglise de Meillerie.

Du château - forteresse primitif - dont la tour-donjon est devenue clocher, on voit encore apparaître les créneaux sous les toits du presbytère. Le choeur avec ses 3 fenêtres gothiques semble être du XVème siècle.
Au XVIIIesiècle, on a construit la nef qui relie le choeur à la tour-clocher, Attenant au choeur, la sacristie des chanoines avec son four à pain est très ancienne. A côté de la sacristie, une salle éclairée par des fenêtres à meneaux pourrait être la salle capitulaire.
En regardant la façade-est, on a une belle vue d’ensemble du chœur de l’église et des fenêtres de la salle capitulaire.
Les autres salles du château-prieuré ont été aménagées pour servir de presbytère. Un autre corps de bâtiments (aujourd’hui disparu) faisant pendant avec le presbytère et le clocher pouvait permettre un minuscule cloître sur l’emplacement de la place actuelle.
Sous cette place ont été comblées et obstruées d’autres salles actuellement inaccessibles.


Georges BAUD, curé de Neuvecelle asso."Connaissance du patrimoine"
d’après les notes du chanoine L. Quaglia

 

La chronique historique d’Alain Guiraud extraits de La Gazette du concombre masqué

  

             

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Le Bois de Bret  par l'abbée J-F Gonthier publié en 1902

Différents entre Evian et Meillerie-Thollon aux XIV°,XV° et XVI° siècles

 

Visitez en complément le site : meillerie-prieure.com

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